La comparaison la plus fréquente est aussi la plus trompeuse : un abonnement mensuel d’un côté, une licence gratuite de l’autre. Les deux modèles coûtent de l’argent, mais pas aux mêmes moments et pas sur les mêmes lignes.
Ce que vous payez sur une plateforme hébergée
L’abonnement est la partie visible, et la plus facile à anticiper. Viennent ensuite trois postes que l’on oublie au moment de choisir.
Les commissions sur les transactions. Selon la solution de paiement retenue, un pourcentage peut s’ajouter aux frais bancaires. Ce poste a une particularité : il grossit exactement au rythme de vos ventes. Une boutique qui marche paie davantage.
Les applications. Chaque fonction absente du socle s’ajoute par une application, généralement avec un abonnement mensuel. Prises isolément elles paraissent modestes. Une boutique installée en accumule souvent une dizaine, et le total devient une ligne de charge fixe.
Le thème et son adaptation. Un thème acheté couvre le générique. Tout ce qui rend la boutique reconnaissable demande du travail, et ce travail se refait à chaque évolution majeure.
Ce que vous payez sur une boutique auto-hébergée
La licence est gratuite, ce qui déplace la dépense sans la supprimer.
L’hébergement. Une boutique n’est pas un site vitrine : base de données, cache, sauvegardes, montée en charge les jours de forte affluence. Le premier prix ne tient pas.
La maintenance. C’est le poste le plus souvent oublié, et le plus coûteux quand on l’ignore. Correctifs de sécurité, mises à jour, compatibilité des modules entre eux. Ce travail n’est pas optionnel : une boutique non maintenue finit compromise, et le coût arrive alors d’un coup.
Les modules. Souvent achetés une fois plutôt que loués, ce qui change le profil de dépense. Mais un module abandonné par son auteur devient un problème à la mise à jour suivante.
Le développement. C’est ce que vous achetez vraiment avec l’auto-hébergement : la possibilité de faire exactement ce que votre métier exige.
Le poste que personne ne chiffre
Le temps de votre équipe. Une boutique demande des heures chaque semaine : fiches produits, stocks, commandes, service client, campagnes. Une interface qui fait perdre dix minutes par jour à une personne coûte plus cher, sur un an, que la plupart des lignes ci-dessus.
C’est aussi le seul poste qu’on peut réduire durablement, en adaptant l’outil à la façon dont vos équipes travaillent réellement.
Comment comparer honnêtement
Ne comparez pas un mois. Posez trois ans, et pour chaque année : les frais fixes, les frais proportionnels aux ventes avec votre volume prévu, le coût de la maintenance, et les heures internes. L’écart entre les deux modèles se déplace souvent au fil du temps, et l’option la moins chère la première année n’est pas toujours celle qui le reste.
Un dernier point, rarement pris en compte : le coût de sortie. Récupérer un catalogue, des clients, un historique de commandes et un référencement acquis n’a pas le même prix selon la plateforme. Cela se vérifie avant de s’engager, pas après.